LA LONGUE RÉFLEXION


2020 a commencé sur les chapeaux de roues. Un peu comme si 2019 ne s’était jamais vraiment terminé. L’année qui vient de s’écoulée a surement été l’une des plus remplie que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Lorsque les premiers coups de 2019 ont sonné j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait. J’ai rapidement déchanté, prise au piège dans mon propre engrenage. J’ai fait un choix horrible que j’ai réalisé bien trop tard : garder mon job étudiant le week-end tout en étant en stage à temps plein en semaine (raisons financières). Pendant 9 mois j’ai travaillé 50 heures par semaine en plus d’aller à la salle de sport 3 à 4 fois par semaine et de sortir avec les copains le soir. Je vivais à 1000 à l’heure. Dans ma tête rien ne pouvait m’arrêter et mon corps, habitué à l’effort, ressentait à peine la fatigue. J’avais l’impression d’être heureuse. Ce qui était seulement une impression car l’occupation permanente m’évitait juste de penser à mes problèmes. Mais au fond je connaissais la vérité : j’étais en roue libre et il ne fallait pas que je m’arrête car la chute et le retour à la réalité aurait été trop brutal à encaisser. Je fuyais mes problèmes et surtout je me fuyais moi-même. 

Si au début tout semblait bien se passer, au fil des mois j’ai pris conscience du bordel dans lequel je m’étais fourrée. Mon corps manquait d’énergie, mon alimentation était mauvaise et le manque de sommeil me mettait sur les nerfs. J’étais un petit bout d’humain à vif. La moindre émotion, bonne ou mauvaise, était destructrice. Je suis quelqu’un qui a beaucoup de mal a exprimer ses sentiments et à communiquer en général. Alors, prise dans cet engrenage, je me suis petit à petit effacée. Dans des situations où l’ancienne moi ne se serait pas laissée faire, j’ai choisi le silence. Et, je l’ai réalisé il y a peu, il n’y a rien d’aussi destructeur que de laisser les gens, les situations, les sentiments outrepasser ses propres valeurs. D’anciens petits démons sont remontés à la surface, les mêmes que j’essayais de fuir en vivant à mille à l’heure. L’anxiété, la solitude, la dépendance émotionnelle : de vieux amis. Finalement, j’ai pris la (dure) décision de mettre fin à cette situation tout en sachant très bien ce qui m’attendait. Je savais que remonter la pente allait être compliqué - mais que j’y arriverai comme je l’ai toujours fait. 

Je suis sortie de cette année éreintée, fragilisée et surtout : perdue. 

Un peu comme tout le monde j'ai l'impression. Quinze jours avant l’arrivée de la nouvelle année mon corps et mon mental ont lâché : le burn-out. La conséquence d’une année de surmenage physique et émotionnelle. Le dur prix à payer. Janvier a été long et flou, je n’en garde pas de souvenir distinctif. Je sais juste qu’il a été douloureux. Une longue période de sevrage remplie d’anxiété. Je suis partie à Londres seule pour me changer les idées sans grande réussite. Je ne savais plus qui j’étais et ce que je voulais. Je me sentais complètement déconnectée de la réalité et des autres. Un peu comme une expérience hors-corps (vous savez comme dans les films quand une personne dans le coma flotte au dessus de son corps inerte). Et, le plus dure à vivre était que je me sentais horriblement seule - même quand j’étais entourée. Finalement, j’ai décidé de demander de l’aide psychologique. Une chose que je redoutais car j’étais très sceptique face à l’idée d’aller consulter. Raconter mes problèmes à un inconnu ce n’est pas mon kiff. Mais il s’avère que c’est libérateur. Pour quelqu’un qui a tendance à trop réfléchir tout le temps, avoir quelqu’un qui apporte un regard extérieur et poussé est réconfortant. 

Aujourd’hui ça va un peu mieux. Je remonte la pente doucement. Ce qui me fait tenir et m’a toujours fait tenir c’est mon ambition professionnelle. J’ai des plans, j’ai des projets et tant que ce ceux-ci ne sont pas réalisés, je ne peux m’arrêter. La première fois que je me suis sentie vraiment vivante depuis le début de cette année c’est lorsque j’ai repensé à ces projets. Des projets ambitieux mais surtout créatifs. La créativité. Chose que j’ai longtemps laissé de côté pour me consacrer à mes études et payer mes factures. Cette même créativité qui m’a poussé ouvrir ce blog. Elle m’a terriblement manqué. J’ai longtemps réfléchi à comment la relancer, la stimuler, la cultiver. Et au final, elle s’est imposée d’elle-même : écrire, produire du contenu, faire vivre la chose qui me fait le plus vibrer : mon blog. Alors oui, le but de ce long article est d’annoncer que je relance officiellement mon blog. Plus que tout en 2020 j’ai décidé de faire les choses pour moi, de faire les choses qui me font du bien.

A ceux qui me connaissent dans la vraie vie et qui liront cet article : je vais bien mieux. Merci d’être là, même si je ne le dis jamais, je vous aime de tout mon coeur. Je suis tellement reconnaissante d’avoir des gens aussi géniaux dans ma vie. Qu’est-ce que je ferais sans vous ? 

A ceux qui sont dans une mauvaise passe : tout va bien se passer et ça ira mieux, peu importe combien de temps ça prendra. Je m’épancherai dans un autre article sur ce sujet (anxiété, solitude, etc) car je pense que celui-ci est suffisamment long comme ça. Et si c’est la première fois que vous visitez BHBD : bienvenue et merci d’avoir pris le temps de me lire. 

Sur ces quelques (mdr) mots, je vous dis à bientôt dans mon prochain article ! 
(spoiler : on parlera probablement de bonne bouffe)

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2020 started as if 2019 never really ended for. The past year has certainly been one of the most packed year ever personally or professionally speaking. Little did I know what would happen when 2019 started. But I quickly became disillusioned and felt trapped. I made a few mistakes, one was working part-time on weekends while being on a full-time internship during the week (I needed the money). For 9 months I worked 50 hours a week in addition to going to the gym 3 to 4 times a week and having a social life. I lived fully. I was genuinely thinking that nothing could stop me. My body, which got used to so much effort, barely felt the tiredness. I felt happy but it was only a disillusion: being busy just kept me distracted from my problems. Deep down I knew the hard truth: I was running high speed and I couldn't stop because the fall back to reality would have been too violent. I was running away from my problems and above all I was running away from myself.

Over the months I became aware of the mess I had gotten into. I was lacking energy, my diet was awful and l was easily irritated because of the lack of sleep. The slightest emotion, good or bad, was destructive. I’m someone who has a lot of trouble expressing my feelings and communicating in general. Thus, caught in my own trap, I started fading away. In situations where my old self would fight back I chose silence instead. And, as I came to realize recently, there is nothing quite as destructive as letting people, situations, feelings override your own values. My past demons came back, the ones I was trying to run away from : anxiety, loneliness, emotional dependence. Ultimately, I made the (hard) decision to put an end to the situation was in. I knew the recovery process would be long and complicated - but I would get myself out of it like I did before. 

I came out of 2019 exhausted, weakened and lost.

Two weeks before the new year my body and my mind collapsed: I had a burnout. The consequences of a year of physical and emotional overwork. January was a long and blurry month for me, I have no distinctive memories of it. I just remember it being painful. A long withdrawal period filled with anxiety. I went to London on my own trying to get some new air and change my mind without much success. I no longer knew who I was and what I wanted. I felt completely disconnected from reality and from others. A bit like an out-of-body experience. The hardest part of it all was that I felt terribly alone - even I was surrounded. In the end, I decided to seek psychological help. Something I feared and was very skeptical about. Talking about my problems with a stranger is not really my thing. But it turned out to be liberating. For someone who tends to overthink every word or action all the damn time, it is comforting to have someone with an outside and professional outlook. 

Today I feel a bit better. I am healing slowly. What keeps me going is my professional ambition. I have plans and dreams and I won’t stop until I get what I want. The very first time I felt alive since this year started was when I was thinking about being creative. Something that I have left aside for a long time in order to focus on my studies and pay my bills. The same creativity that got me me to open this blog. I missed it terribly. For the past weeks I have thought a lot about how to revive it, stimulate it and cultivate it. The answer came to me naturally: writing and producing content, blogging. So yes, the purpose of this long post is to announce that I am officially relaunching my blog. More than anything in 2020, I decided to do things for myself, to do the things that make me feel good.

To those who know me in real life and will read this article: I am feeling much better. Thank you for being present, even if I never say it: I love you with all my heart. I am so thankful to have such great people in my life. What would I do without you?

To those who are struggling mentally: everything will be fine and it will get better, no matter how long it takes. I will delve on this subject (anxiety, loneliness, etc.) in another post because I think this one is long enough. And if this is your first visit to BHBD: welcome and thank you for taking the time to read me.

I’ll see you soon in my next post (spoiler: we will probably talk about tasty food), take care!

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